En récession depuis un an?
Ainsi donc les États-Unis vivraient en récession depuis un an? C’est du moins ce qu’a déclaré hier le NBER ou National Bureau of Economic Research, l’organisme américain chargé de déterminer si et quand le pays entre en récession, depuis les années 1920.
Pourtant, il y a quelques semaines encore, des équipes réputées d’économistes se demandaient encore si l’économie américaine allait éviter la récession, alors que d’autres soutenaient qu’elle y avait déjà plongé. Qui a raison? Qui a tort?
À moins qu’il existe différentes définitions d’une récession…? Et c’est justement le cas.
Selon la définition la plus communément retenue, un pays se retrouve en récession quand son produit intérieur brut (PIB : valeur de tous les biens et services produits par une économie, durant une période donnée) a reculé durant deux trimestres consécutifs. Ça semble clair et facile à comprendre, à première vue, et pourtant ce ne l’est pas du tout.
Prenons l’exemple américain. L’hiver dernier, l’économie américaine a progressé de 0,9 % par rapport au trimestre précédent. C’est peu, mais c’est quand même une progression. Au printemps (deuxième trimestre), elle a bondi de 2,8 %, pour un total de 3,7 % en six mois. Durant l’été, elle aurait reculé de 0,5 %, ce qui laisse encore une progression de 3,2 % depuis le début de l’année. Et pourtant, le réputé NBER affirme que les États-Unis vivent en récession depuis décembre 2007.
On peut discuter du sujet pendant des heures, on restera toujours dans la théorie économique. Dans la réalité quotidienne, les prix du pétrole et de ses principaux dérivés comme l’essence et l’huile à chauffage, continuent de baisser, au grand plaisir des familles et des entreprises, les deux principaux moteurs de la croissance économique.
Quand vous épargnez des dizaines de dollars chaque fois que vous faites le plein de votre auto, et des centaines de dollars pour les camions, vous pouvez dépenser cet argent ailleurs, à d’autres fins. C’est ce qui se produit chaque jour, partout dans le monde.
À l’approche des Fêtes et de l’hiver, je ne connais pas beaucoup de familles et d’entreprises qui vont se désoler de voir le pétrole en bas de 50 $US le baril, très loin de son sommet de 147,27 $US atteint le 11 juillet dernier. Et cela, ce sont de véritables économies quotidiennes, loin des théories économiques du NBER et de tous les économistes patentés de la planète.
André Hains
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