Retour des consommateurs?
On a dit et répété mille fois que les consommateurs occupent le cœur de l’économie capitaliste, puisqu’ils représentent près de 70 % du produit intérieur brut (PIB), soit la valeur de tous les biens et services produits par une économie dans une période donnée. Suivent très loin derrière les investissements des entreprises, avec 15 % environ. Viennent ensuite les investissements des gouvernements, la construction résidentielle et la balance commerciale (différence entre les exportations et les importations), avec 5 % chacun environ. L’humeur et la confiance des consommateurs alimentent donc la croissance économique, et font l’objet d’une surveillance étroite.
Hier, le Conference Board a annoncé que la confiance des consommateurs américains avait effectué un bond surprenant depuis un mois, passant de 38,8 à 44,9, de la mi-octobre à la mi-novembre. L’indice 100 représente le niveau moyen de 1985.
Explications? La forte baisse des prix du pétrole et de ses principaux dérivés comme l’essence et l’huile à chauffage, et l’élection de Barack Obama, qui a suscité beaucoup d’espoir, que le président élu continue de confirmer, à mesure qu’il annonce les nominations dans son entourage.
L’essence se vendait 4,11$US le gallon en juillet, au moment où le prix du pétrole culminait à 147 $US le baril. Au cours du dernier mois, le gallon d’essence a plongé de 3,10 $US à 1,89 $US. Voilà qui laisse beaucoup plus d’argent dans la poche des consommateurs chaque semaine.
Au Canada, les consommateurs ont augmenté leurs dépenses de 1,1 % en septembre par rapport au mois d’août. En excluant le secteur automobile, les ventes au détail ont augmenté de 0,8 % en septembre, soit deux fois plus que les prévisions des spécialistes. Sursaut temporaire? Des économistes pensent que oui, mais les marchands se réjouissent à l’approche de la période des Fêtes, et prévoient encore de bonnes affaires.
Les banques canadiennes annoncent de bons résultats pour leur dernier trimestre, terminé le 31 octobre, et de bons bénéfices annuels, malgré des replis sur l’année précédente. D’autres entreprises comme Couche-Tard, deuxième dépanneur en Amérique du Nord, voient leurs bénéfices bondir au dernier trimestre, d’autres grandes entreprises également comme l’américaine Hewlett Packard.
Les principaux indices boursiers semblent reprendre du tonus, et les investisseurs s’en réjouissent. Plusieurs observateurs commencent à voir une lumière au bout du tunnel, et il semble bien que ce ne soit pas un train arrivant en sens inverse. À suivre de près.
André Hains
- Cliquez ici pour faire un commentaire.







