« Pauvres » banques canadiennes!

Pendant que leurs consœurs américaines et européennes continuent de se débattre avec des tonnes de mauvaises créances, les banques canadiennes continuent d’empiler les bénéfices, malgré une conjoncture économique difficile. Combien de temps cela va-t-il durer? On le saura au cours des prochains mois.

En attendant, nos banques semblent prendre la bonne habitude de certaines grandes entreprises américaines, de dévoiler un peu plus tôt des résultats financiers trimestriels non officiels, de manière à faire taire les rumeurs les plus loufoques qui pourraient circuler sur leur sort. Et les marchés financiers semblent apprécier cette nouvelle pratique, comme en témoignent les résultats publiés hier par la Royale.

La plus grande banque canadienne annoncera la semaine prochaine seulement ses résultats financiers, pour le quatrième trimestre de son année financière terminée le 31 octobre. Mais dès hier, elle a laissé savoir que son bénéfice accuserait probablement un recul de quelque 15 % sur celui du même trimestre 2007.

L’action a bien réagi à la Bourse de Toronto, en terminant la journée sur un gain de 2,52 % à 39,00 $, soit une avance de 6,9 %. Il faut dire que malgré ce recul important, le bénéfice de la Royale pour son quatrième trimestre, devrait atteindre encore 1,1 milliard $ (G$)… en un seul trimestre. Imaginez pour l’ensemble de l’année!

Dans un monde où les institutions financières se font littéralement massacrer, ça fait plaisir de voir les banques canadiennes traverser la tempête, sans trop se faire amocher. Leurs actions ont fortement reculé en Bourse, au cours des derniers mois, mais elles continuent quand même d’accumuler des bénéfices, qui vont leur servir de tremplin, quand viendra la reprise boursière, bientôt peut-être.

On maugrée souvent contre les banques, et leur fâcheuse habitude de prendre tous les moyens pour nous soutirer ça et là quelques frais pour toutes sortes d’opérations. Mais ce ne sont pas des organismes de charité, et elles doivent rendre des comptes et procurer des rendements à leurs actionnaires.

On peut toujours récupérer une bonne partie de ces frais qu’on juge abusifs, en achetant simplement des actions des banques. La fin de leur quatrième trimestre, permettra aux médias de vous faire un résumé comparatif de leurs résultats annuels. Regardez attentivement ces résultats; ils vous permettront de choisir la banque qui vous intéresserait le plus, éventuellement.

André Hains