Sauver ou non l’automobile?
La question peut paraître inutile, et chacun peut y apporter une réponse immédiate, fondée le plus souvent sur l’impression plutôt que sur des données solides. One ne réglera pas le problème ici. Essayons simplement d’éclairer un peu le débat.
Les opposants à l’aide gouvernementale diront que les gouvernements n’ont pas aidé le transport aérien, qui de débat dans des déficits depuis des décennies. Au début de cette décennie, plusieurs compagnies aériennes se sont réorganisées, à l’abri des lois de protection ou d’arrangement avec les créanciers. Air Canada a fait partie du groupe, tout comme les géants américains du transport aérien. Que les fabricants d’automobiles fassent la même chose, et s’ils font faillite, tant pis pour eux.
Précisions. Même après avoir utilisé la protection des tribunaux pour se réorganiser, les transporteurs aériens ont vite fait de renouer avec les déficits. Le problème fondamental de ce secteur ne vient pas de la conjoncture économique, mais du trop grand nombre de sièges disponibles par rapport au nombre de voyageurs. Et puis le gouvernement Berlusconi est intervenu, en Italie, pour sauver Alitalia de la faillite, dernièrement.
Dans le secteur de l’automobile, on trouve le même problème de surcapacité de production mondiale. Depuis l’ouverture des marchés, il y a une trentaine d’années, tous les constructeurs peuvent vendre dans tous les pays, à la condition d’y construire des autos. Les meilleurs constructeurs, les plus efficaces comme les Japonais et maintenant les Coréens et bientôt les Chinois, ont vite fait de devancer les Américains sur leur propre territoire. Plus on nous fabrique de bonnes autos, moins on en achète, car elles durent plus longtemps. Problème structurel : surplus de capacité de production.
Ajoutons au problème les millions d’emplois qui dépendent de ce secteur, et donc les millions d’électeurs aussi, et on voit le genre de problème que doivent affronter les gouvernements, qui ne perdent jamais de vue la prochaine élection. Problème d’autant plus complexe que le secteur de l’automobile fait partie des piliers de l’économie… tout comme les institutions financières.
Les gouvernements ont supporté les institutions financières à coups de centaines de milliards de dollars. Ce secteur est-il plus important que celui de l’automobile, ou de la construction domiciliaire, par exemple? Questions fort complexes, en effet.
André Hains
- Cliquez ici pour faire un commentaire.







