410 milliards $ pour Obama
En entrant à la Maison-Blanche à la fin de janvier prochain, le nouveau président américain Barack Obama trouvera un solde de 410 milliards $ (G$) inutilisé, sur les 700 G$ qu’il a travaillé fort à faire accepter par le Congrès, en pleine campagne électorale. Il pourra donc utiliser cette somme colossale, pour apporter ses propres solutions à la crise financière que traversent présentement des millions d’Américains.
Le secrétaire d’État au Trésor Henry Paulson (ministre des Finances), a déclaré hier qu’il avait déjà investi 290 G$ dans le capital de neuf grandes banques américaines, et une vingtaine d’autres plus petites, et qu’il entendait pour l’instant en rester là . À moins d’une urgence exceptionnelle, le président élu pourra donc affecter le solde à aider des familles menacées de perdre leur maison, à supporter l’industrie automobile, ou à toutes autres fins de son choix.
M. Paulson avait décidé dans un premier temps de consacrer les 700 G$ au rachat des mauvaises créances accordées par les banques. Mais en discutant avec ses homologues des autres pays, notamment les dirigeants européens et en particulier le premier ministre britannique Gordon Brown, il a compris qu’il risquait ainsi de jeter de l’argent dans un puits sans fond.
Il a donc décidé de faire comme eux, et d’acheter plutôt de gros paquets d’actions des banques américaines, et de devenir ainsi leur principal actionnaire, avec une solide représentation dans leurs conseils d’administration, là où se prennent les grandes décisions importantes. Il se trouve ainsi à « nationaliser » les banques en quelque sorte, mais temporairement seulement, le temps de leur dicter la manière de sortir du pétrin, et de disposer par exemple de leurs mauvaises créances.
En achetant des actions des banques, les gouvernements vont aussi obtenir une part de leurs bénéfices à venir, et ainsi transformer une opération de sauvetage, en placement rentable pour les contribuables qui fournissent les G$ d’aide en cause. C’est ainsi que d’une pierre, on peut faire deux ou trois bons coups à la fois.
En Grande-Bretagne par exemple, le gouvernement a dit à une banque qu’il allait l’aider, mais à certaines conditions, notamment qu’elle ne verse pas de dividendes à ses actionnaires durant cinq ans. Cette banque avait probablement abusé des généreux dividendes au cours des dernières années, afin de soutenir son action en Bourse. La banque a refusé, et a préféré se financer chez les Arabes, à 11 ou 12 % d’intérêt. Tant pis pour elle. Les contribuables ne paieront pas pour ses erreurs passées.
André Hains
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