Un fonds de couverture… prudent?
Il y a des mots qu’on ne peut pas accoler, qui ne vont pas ensemble. C’est le cas, par exemple, de prudence et fonds de couverture. Un couple l’a appris à ses dépens dernièrement.
L’homme et la femme ont confié 1,5 million $ à un conseiller financier et sa petite firme, qui gère des fonds de couverture soi-disant prudents. Ce couple recherchait un placement prudent, et il investit dans un fonds de couverture. Des termes incompatibles.
Pire encore : l’affaire se passait en juin 2008, juste avant qu’éclate la crise financière actuelle, justement provoquée en bonne partie par les fonds de couverture. Le couple vient d’apprendre qu’au 31 octobre dernier, il avait perdu près de 1 million $.
Personne ne pouvait prévoir, l’été dernier, que les marchés financier et boursier allaient s’effondrer comme ils l’ont fait, ni le conseiller, ni les investisseurs. Mais le conseiller savait très bien qu’un fonds de couverture ou hedge fund en anglais, est un véhicule de placement essentiellement spéculatif, donc pas du tout prudent, bien au contraire. Les investisseurs auraient pu le savoir, s’ils s’étaient mieux informés.
J’ai expliqué sur ce site, notamment dans le bulletin hebdomadaire réservé aux abonnés, la nature et le fonctionnement des fonds de couverture. Ce sont des véhicules créés essentiellement pour faire par en arrière, ce que les fonds communs traditionnels de placement ne peuvent pas faire ouvertement.
Vous, personnellement, vous pouvez emprunter pour investir davantage, et tenter d’augmenter vos gains. Vous pouvez aussi vendre à découvert, une autre technique expliquée dans le bulletin, pour faire des gains même quand les marchés boursiers et les actions de certaines entreprises reculent. Vous pouvez utiliser ces techniques à risque très élevé, avec votre propre argent. Les fonds communs de placement ne peuvent pas utiliser ces techniques, jugées trop risquées par les autorités financières et boursières.
Les fonds de couverture échappent aux règles qui régissent les fonds communs traditionnels. Ils peuvent utiliser des techniques à risque très élevé, pour tenter d’obtenir des rendements supérieurs à ceux des autres fonds communs.
Le couple de malheureux investisseurs ne connaissait pas ces définitions de base. L’ignorance n’est pas un défaut; c’est juste un manque de connaissance, qui se comble en s’informant toujours plus, et encore davantage. Une autre leçon de la vie qui aura coûté très cher.
André Hains
- Cliquez ici pour faire un commentaire.







