Jusqu’où ira le pétrole?
La question revient de plus en plus souvent dans les conversations : jusqu’où ira le pétrole dans sa dégringolade? Elle se posait aussi l’été dernier, mais sans le sourire des automobilistes, quand le prix du baril se dirigeait rapidement vers les 147 $US le baril.
Le professeur Antoine Ayoub, analyste réputé des questions d’énergie de l’Université Laval, avait répondu à cette question l’été dernier : « Jusqu’au prix que décidera le Nymex. » Façon originale de rappeler que le prix du pétrole dépend, de nos jours, autant de la spéculation que du vieux principe de base de l’offre et de la demande.
Cette vieille règle de base du commerce finit toujours par s’imposer à la longue, mais à court terme, c’est la spéculation qui détermine les prix les produits, et donc leur valeur sur les marchés boursiers. C’est devenu encore plus évident depuis quelques années, depuis que les fonds de couverture, des véhicules de pure spéculation, ont pris littéralement le contrôle des marchés boursiers.
Personne ne croira sérieusement que l’offre et la demande du pétrole peut, à elle seule, pousser les prix aussi haut que 147 $ au début de juillet dernier, et à moins de 60 $ hier. Seule la spéculation débridée peut entraîner de telles variations en si peu de temps.
Je sais bien que les jeux olympiques de Beijing sont terminés, et avec eux la période de construction fébrile qui les a précédés. Je sais aussi que l’économie chinoise ralentit, comme toutes les autres, présentement. Les pays occidentaux consomment moins, alors les pays producteurs réduisent aussi leur production, pour ne pas empiler les inventaires.
Les pays de l’OPEP (Organisation des pays producteurs de pétrole), qui contrôlent quelque 40 % de la production mondiale, peuvent bien réduire leur production, pour tenter de freiner la chute des prix, ils ne semblent pas pouvoir l’arrêter. Les Américains, plus gros consommateurs au monde, réduisent leur consommation encore plus vite, et les autres pays aussi.
C’est vrai pour le pétrole, c’est vrai aussi pour les autres produits de base comme les métaux, les équipements, et autres appareils ménagers, industriels, etc. En période d’incertitude, tout le monde réduit sa consommation au strict minimum, et repousse tous les achats qui ne sont pas urgents ou indispensables.
Mais on ne peut pas repousser indéfiniment certains achats, et il faudra bien que la consommation reprenne un jour. Quand? Cela reste à voir.
André Hains
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