Obama et la Bourse

Les marchés boursiers nord-américains ont fortement reculé hier, au lendemain de l’élection du nouveau président américain, le démocrate Barak Obama. Les gros spéculateurs ont immédiatement ressorti leurs lubies habituelles.

On achète sur la rumeur, on vend sur la nouvelle, ont-ils rappelé par exemple. Comme si la rumeur offrait une plus grande certitude que la réalité. En fait, les spéculateurs aiment bien les rumeurs, au point d’en lancer fréquemment eux-mêmes, mais les véritables investisseurs préfèrent généralement la réalité des faits.

Mais pourquoi faudrait-il donc relier absolument l’élection du nouveau président, au comportement souvent irrationnel des marchés boursiers? Après la dégringolade spectaculaire de septembre et du début d’octobre, les marchés boursiers se sont repris de belle façon, durant la dernière semaine d’octobre. Le vieux Dow Jones a regagné rien de moins que 947 points ou 11,3 % dans cette seule semaine, le gros S&P 500 a bondi de 92 points ou 10,5 %, et le Nasdaq a rattrapé 168 points ou 10,8 %, toujours en cette seule dernière semaine d’octobre.

C’était trop vite et trop fort, manifestement, beaucoup trop en une seule semaine. Tout comme l’effondrement de septembre et octobre, la reprise de la dernière semaine d’octobre paraissait beaucoup trop violente.

Mais c’est justement cela, les marchés boursiers : un grand coup de volant à gauche, suivi d’un autre grand coup à droite, et on recommence. Les marchés boursiers amplifient toujours les craintes et les moments d’euphorie, surtout depuis que les tristement célèbres fonds de couverture, des véhicules de pure spéculation, en ont pris le contrôle.

Après une journée d’accalmie lundi dernier, les marchés ont rebondi de plus belle mardi, avec des gains de 305 points au Dow, et de 395 points à Toronto. Je vous fais grâce des autres chiffres; vous les avec vus sur tous les médias.

Au total, cependant, le Dow avait gagné 1252 points à la fin d’octobre et mardi dernier, et Toronto avait rattrapé 863 points. C’est cela qui explique surtout le décrochage d’hier, et non pas Barak Obama. Quelques statistiques ont continué de démontrer que l’économie, américaine surtout, continuait de se dégrader, et ont suffi à pousser les gros gestionnaires à vendre, pour prendre des bénéfices.

Ces gens sont des spéculateurs, je vous dis, pas de véritables investisseurs.

André Hains