Fortes baisses, fortes hausses
Les mouvements brusques se poursuivent, sur les marchés boursiers et financiers, témoignant une fois de plus de la nervosité extrême des principaux acteurs. On en a vu encore quelques preuves hier.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a abaissé son taux directeur d’intérêt de 50 points de base ou 0,50 %, pour le porter à 1 % seulement. La plupart des observateurs attentifs s’y attendaient, mais les autres espéraient une baisse de 25 points seulement, qui aurait envoyé un signal de calme.
La banque centrale américaine a cependant décidé d’y aller de 50 points, ce qui envoie un signal que l’économie américaine se porte assez mal, et qu’il faut stimuler la consommation des familles et les investissements des entreprises. Des « voyants » annoncent déjà des ventes difficiles, voire désastreuses à l’approche des Fêtes, et pensent que les Américains vont dépenser davantage à crédit, si l’on abaisse les taux d’intérêt.
La semaine dernière, la Banque du Canada n’avait abaissé son taux directeur que de 25 points, pour le porter à 2,25 %. Elle s’est gardé prudemment une marge de manœuvre, pour pouvoir intervenir de nouveau en cas de besoin.
En abaissant le sien de 50 points, la Fed élargit l’écart entre les taux canadiens et américains. C’est ce qui explique que le dollar canadien a bondi hier, alors que le dollar américain reculait par rapport aux autres devises, entraînant une hausse de 4,77 $US du baril de pétrole.
La Bourse de Toronto, qui repose lourdement sur l’or noir, a bondi de joie elle aussi, pour une deuxième journée consécutive, alors que New York reculait légèrement. Les manufacturiers et exportateurs canadiens ne vont pas se réjouir de cette remontée brutale du huard, même s’ils peuvent espérer que ces brusques bonds d’hier vont se corriger aujourd’hui ou demain.
Quoi qu’il en soit, quand les autorités monétaires (banques centrales) posent des gestes brusques, elles ne font rien pour calmer les marchés boursiers et financiers. La Banque du Canada semble avoir adopté une approche beaucoup plus calme, qui semble plus appropriée, dans un contexte difficile et extrêmement nerveux.
Mais il reste encore deux jours d’ouvrage dans cette semaine, pour voir si l’on vient d’amorcer une nouvelle tendance, ou si les marchés vont retrouver un peu de calme, après deux jours d’euphorie.
André Hains
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