Simple rebond boursier?

Les marchés boursiers mondiaux se sont payé la traite hier, avec des rebonds de 10 % dans plusieurs cas. S’agit-il enfin du retournement de situation tant attendu, et le retour d’un bull market ou reprise d’une tendance haussière? Cela reste à voir.

J’ai trop vu de ces retournements brusques des marchés, pour croire que qu’ils repartent maintenant à la hausse. Des médias auront beau proclamer que les chasseurs d’aubaines sont entrés en action hier, vous me permettrez de garder un gros doute à ce sujet.

Pourquoi les chasseurs d’aubaines auraient-ils sauté sur les bonnes occasions hier, plutôt qu’il y a deux ou trois semaines comme Warren Buffett? Pourquoi n’attendraient-ils pas d’avantage, dans l’espoir que les marchés baissent encore un peu? Qu’est-ce qui a bien pu les pousser à l’action hier?

Comme d’habitude, n’importe qui apporte n’importe quelle explication à ce bond spectaculaire. En réalité, personne ne connaît la réponse à ces questions, parce qu’il sera toujours très difficile, pour ne pas dire impossible, d’expliquer les comportements souvent irrationnels des gros spéculateurs.

Vous avez peut-être remarqué que la Bourse de Toronto ne bougeait pas beaucoup durant la journée lundi? Tout à coup, vers 14 heures, elle a plongé brusquement de plus de 700 points en moins de deux heures. Pourquoi? Rappel de marge, ont expliqué des observateurs d’expérience. Possible, vraisemblable même.

On sait que les fonds de couverture ou hedge funds, dont j’ai expliqué la nature et les activités dans un récent bulletin hebdomadaire, contrôlent maintenant plus de la moitié de l’activité boursière. Or ces fonds de couverture doivent justement « couvrir » leurs positions en fin de journée, donc les équilibrer avec un autre produit.

Comme ces fonds ont pris de grands risques et subi de grandes pertes dernièrement, leurs commanditaires, banques, compagnies d’assurance et autres caisses de retraite, veulent maintenant reprendre leur argent, et les gestionnaires de ces fonds spéculatifs doivent trouver l’argent dans la journée, ou vendre en panique en fin de journée, comme ils le font présentement. Et plus ils vendent, plus les marchés baissent, et plus les marchés baissent, plus ils doivent vendre… comme quand on vide une baignoire ou une piscine. Au début, l’eau s’écoule sans que cela paraisse trop; vers la fin, l’eau se met à tourbillonner en s’engouffrant dans le drain. C’est un peu à cela qu’on assiste présentement, sur les marchés boursiers.

André Hains