Correction technique en Bourse

Après avoir grimpé en fous lundi, les principaux indices boursiers nord-américains et mondiaux ont fortement chuté hier. C’est une forme de correction technique, normale, inévitable, et facile à prévoir.

C’est pour cela qu’hier j’ai fait cette mise en garde contre l’euphorie boursière, dans cette chronique. C’était évident que la poussée de lundi avait dépassé les bornes; elle allait donc se corriger en bonne partie hier.

N’oubliez jamais que la Bourse reste et restera toujours le paradis des spéculateurs, l’endroit de toutes les émotions, de toutes les passions, qui vont de l’euphorie la plus pernicieuse à l’angoisse la plus profonde. Les gros spéculateurs se comportent toujours comme êtres bipolaires, qui ne prennent jamais leur lithium.

On pourrait croire que ces gens qui manipulent des milliards de dollars chaque jour, prennent toujours des décisions sensées, basées sur des données solides et objectives. Or ils font exactement le contraire. La moindre rumeur les fait s’agiter, et la peur les pousse à vendre, ou la confiance les fait acheter, toujours en force, jamais de façon modérée.

On vend trop, on va racheter le lendemain. On achète trop, on revendra le lendemain. Même chose à plus long terme. Le pétrole a grimpé jusqu’à 147 $ le 11 juillet dernier, sans aucune justification solide; il est encore descendu hier sous les 70 $US, probablement trop bas, car il semble rencontrer une résistance à cette hauteur.

Il y a plusieurs années, je m’étais amusé à observer les gagnants et les perdants, durant plusieurs semaines. J’ai rapidement constaté que les gagnants d’une journée, se retrouvaient très souvent chez les perdants le lendemains, et vice-versa. Les gagnants de la veille avaient fortement monté, trop sans doute, et les gros spéculateurs, les mêmes qui les avaient fait grimper, les revendaient le lendemain, et ainsi de suite, jour après jour, avec les mêmes titres à la mode, durant plusieurs jours consécutifs.

C’est cela, l’essence même de la Bourse. Un lieu de spéculation, d’agitation, et panique et d’euphorie. Churchill disait que la démocratie était le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres. Pour parodier cette idée, on pourrait dire que la Bourse est le pire endroit pour les investisseurs sérieux, mais c’est le seul endroit qui leur permet de vendre et d’acheter leurs valeurs mobilières, dans le chaos le plus complet.

André Hains