Gare à l’euphorie boursière
Il suffit de quelques jours seulement, pour que l’euphorie boursière vienne régler tous les problèmes, apparemment, du moins si l’on en croit le ton des manchettes dans les médias, et les sourires des investisseurs et spéculateurs de tous poils. Et pourtant, le marché demeure encore très fragile, comme une personne qui tente de se relever d’une grosse grippe.
Toronto a gagné hier 688 points, après un gain hebdomadaire de 497 la semaine dernière. À New York, le Dow Jones a bondi hier de 413 points, après en avoir gagnés 401 la semaine dernière. C’est bien, c’est bon, ça fait plaisir, ça permet de respirer un peu mieux, de calmer la panique qui s’emparait des investisseurs.
Pensez-y : ça faisait un mois qu’on n’avait pas vu une semaine positive sur les marchés. Alors qu’on se réjouisse un peu, non? Oui, mais attention.
Depuis un mois, les marchés boursiers ont aussi démontré à quel point ils pouvaient devenir volatils, à quel point ils pouvaient passer d’un extrême à un autre en très peu de temps. Car une semaine ou un mois, c’est très court, dans la vie d’un investisseur. Je dis bien un investisseur, et non pas un spéculateur, pour qui une journée paraît une éternité.
Rappelez-vous que les marchés boursiers tentent toujours de prévoir un trimestre ou deux d’avance, quelle direction prendra l’économie. Sur de longues périodes de quelques années, ils y arrivent souvent; à court terme, ils se plantent régulièrement.
Après avoir sombré dans le découragement le plus profond, les boursicoteurs succombent aussi facilement et rapidement à l’euphorie la plus délirante. Bref, en deux mots comme en cent, il ne faut pas se fier aux comportements des spéculateurs, pour devenir un bon investisseur averti.
Les nouveaux investisseurs sérieux, qui viennent peut-être de vivre leur première tempête boursière, auront observé de près ce qui s’est passé sur les marchés, depuis un an. Ils auront remarqué comment les « ingénieurs financiers » pouvaient faire preuve d’imagination, pour contourner les règles, et tenter d’obtenir de meilleurs rendements, avec des véhicules financiers qui échappent à tout contrôle.
Et surtout ils auront appris, j’espère, à se méfier comme de la peste, des rendements mirobolants successifs, des escalades boursières qui n’en finissent plus, et de l’imprudence des conseillers financiers pour qui tout finit toujours par s’arranger. Ce ne sont pas eux, généralement, qui paient les pots cassés.
André Hains
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