Exagérations boursières

Le plongeon spectaculaire des marchés boursiers lundi, et leur remontée presque aussi impressionnante hier, démontrent une fois de plus que la Bourse restera toujours un lieu où s’affrontent d’abord et avant tout de gros spéculateurs. Malheureusement pour les investisseurs sérieux, c’est aussi le seul endroit où ils peuvent acheter et vendre leurs placements dans des entreprises.

Comme d’habitude, les analystes ont déclaré hier que la chute trop forte de lundi, avait incité les chasseurs d’aubaines à se manifesté hier. Explication simpliste, de ce qu’ils appellent une correction technique. Ça monte trop? Ça va se corriger en baisse. Ça baisse trop? Ça va se corriger à la hausse.

Ils n’ont pas tout à fait tort, remarquez : le prix prévu du pétrole en novembre a plongé de 10 $ lundi? Il a repris 4 $ hier. L’action de Garda s’était effondré lundi? Elle a rebondi hier, et ainsi de suite.

Les vrais chasseurs d’aubaines, ce ne sont pas les spéculateurs qui ne s’intéressent qu’aux variations de prix des actions, plutôt qu’à la valeur véritable des entreprises. Les vrais chausseurs d’aubaines, ce sont ceux qu’on appelle des gestionnaires de valeurs, comme Warren Buffett qui a attendu patiemment son heure, pour annoncer un investissement de 10 milliards $ (G$) en deux étapes dans Goldman Sachs, la meilleure banque d’affaires au monde, selon son évaluation.

Les vrais chausseurs d’aubaines, ce sont tous ces investisseurs, petits et gros, qui profitent actuellement des gros escomptes qu’ils voient sur d’excellentes entreprises, et qui en accumulent patiemment, afin de les garder très longtemps. Et il s’en trouve beaucoup, sur le marché présentement, d’excellentes entreprises que les gros spéculateurs ont trop vendues dernièrement, pour tenter de rétablir l’équilibre de leurs gros portefeuilles.

Les vrais chasseurs d’aubaines n’achètent pas pour revendre leurs actions, aussitôt qu’elles auront regagné un peu de terrain perdu la veille. Les vrais chasseurs d’aubaines font comme Warren Buffett : acheter, et garder. Acheter et revendre constamment, ce n’est pas de l’investissement, mais de la spéculation.

C’est pour cela que les vrais investisseurs ne s’énervent pas avec les exagérations boursières actuelles. Ils savent bien qu’elles ne reflètent absolument pas la valeur véritables des entreprises. La valeur d’une entreprise ne peut pas varier de 20 ou 30 % du jour au lendemain. Celle d’un baril de pétrole non plus.

André Hains

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