La Bourse plonge, le $US monte
À la suite du refus de la Chambre des représentants d’adopter le plan Paulson de rachat des mauvaises créances, les marchés boursiers ont piqué une belle plonge. Pendant ce temps, le dollar américain a repris de la vigueur, et le prix du baril de pétrole de référence a reculé de 10,52 $US, à 96,37. Deux réalités bien différentes.
La presse écrite s’en donne à cœur joie ce matin, avec de gros titres dramatiques à souhait. 1200 milliards partent en fumée. Si les représentants et les sénateurs adoptent finalement le plan Paulson cette semaine, et si les marchés boursiers repartent à la hausse de plus belle, que vont dire les médias? Quel est le contraire de partir en fumée?
L’expression décrit quand même bien ce qu’elle veut dire. Quand les marchés boursiers perdent 1200 milliards $, ils ne perdent rien du tout, en réalité. Il s’agit là de pertes techniques seulement, de pertes sur papier. Vos actions de BCE ont reculé de 2,20 $ hier; si vous les vendez aujourd’hui, vous aurez 2,20 $ de moins qu’hier. Vous transformerez une perte sur papier en perte concrète. Mais si vous ne les vendez pas, et si votre action regagne 2,20 $ aujourd’hui ou au cours des prochains jours, vous n’aurez rien perdu du tout. C’est ça, la Bourse, des gains et des pertes sur papier, tant que vous ne vendez pas.
Ce qui compte vraiment, par contre, c’est que le dollar américain a encore pris de la vigueur hier, malgré les énervements boursiers. Conséquence? Le baril de pétrole de référence a plongé de plus de 10 $US.
Pourquoi le dollar a-t-il pris de la vigueur, alors que la Bourse plongeait? Tout simplement parce que la vigueur du dollar dépend de la véritable économie, et non pas de humeurs boursières. Or l’économie américaine se porte quand même assez bien, malgré la crise financière.
L’économie, c’est comme une automobile. Le moteur, c’est l’équipement, la machinerie, les usines et magasins. L’essence, c’est le travail des employés. L’argent, c’est l’huile à moteur.
Le moteur manque un peu d’huile présentement; mais l’auto continue de rouler. Si le manque d’huile dure trop longtemps, il finira par faire surchauffer le moteur, et l’auto va s’arrêter.
C’est l’économie qui supporte le dollar, et non pas la valeur que les gros spéculateurs donnent aux actions des entreprises en Bourse. L’économie et la finance, étroitement liées, restent tout de même deux réalités bien différentes, à ne pas confondre.
André Hains
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