Problème financier d’origine politique
« C’est l’impasse », titre aujourd’hui La Presse en première page, au sujet de la crise financière américaine. Mais il faudra bien dénouer cette impasse au cours des prochaines heures, puisque les deux chambres du Congrès, le Sénat et la Chambre des représentants, doivent ajourner leurs travaux en fin de semaine, pour laisser toute la place à la campagne électorale qui prendra fin le 4 novembre.
Avant de quitter les feux de la rampe, sénateurs et représentants vont quand même tenter d’améliorer le plan Paulson, ne serait-ce que symboliquement, afin de tenter de faire croire à leurs électeurs qu’ils ont vraiment amélioré le plan de 700 milliards $ (G$) de rachat des mauvaises créances, au bénéfice des contribuables, bien entendu. Les démocrates vont accuser les républicains d’avoir provoqué le marasme financier, responsabilité que les républicains vont rejeter, bien entendu.
Quoi qu’il en soit, c’est toujours la même dispute qui se produit. Quand des politiciens prennent des décisions économiques et financières, avec leurs objectifs de politiciens, ça donne toujours un beau cafouillage, jusqu’à ce que les vraies réalités économiques finissent par imposer leurs solutions.
Le secrétaire d’État au Trésor, Henry Paulson, 62 ans dont 32 passés chez Goldman Sachs, la plus grosse des cinq banques d’affaires américaines, a reconnu dès le départ qu’il n’aurait jamais pensé, dans sa vie adulte, devoir un jour imposer l’aide de l’État pour solutionner un immense problème causé notamment par son ancienne entreprise. Ardent défenseur du libéralisme économique pur et dur, il a toujours soutenu que le gouvernement devait intervenir le moins possible dans l’économie. Les marchés sauront toujours mieux se réglementer eux-mêmes, sans intervention politique, selon lui.
Il constate aujourd’hui dans quel pétrin ce libéralisme a conduit l’économie américaine, et affecté par conséquent toute l’économie mondiale. Les Américains finissent toujours par trouver la bonne solution à leurs problèmes… après avoir essayé toutes les autres, rappelait un observateur attentif, il y a quelques semaines.
Au Canada, la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Banque Nationale et le Mouvement Desjardins, les trois principaux vendeurs de papiers commerciaux adossés à des actifs (PCAA), ont tout de suite pris le taureau par les cornes, en août 2007, avec l’appui de quelques grandes institutions financières actives au pays, pour établir le protocole de Montréal, qui imposait un gel indéterminé sur ces papiers douteux. Il aura fallu plus d’un an aux Américains pour imposer, eux aussi, une solution semblable. Quand une idéologie mène les débats, ceux-ci risquent de durer longtemps.
André Hains
- Cliquez ici pour faire un commentaire.







