Des marchés financiers rassurés

Les principaux indices boursiers nord-américains n’ont pratiquement pas bougé hier, en attente d’une décision du Congrès sur le plan de rachat de quelque 700 milliards $ (G$) de mauvaises créances hypothécaires, ont expliqué des observateurs dont les propos se trouvent aujourd’hui dans la presse écrite. En fait, les marchés financiers savent déjà que le plan sera adopté pour l’essentiel, avec quelques ajustements mineurs probablement, question de laisser aux démocrates majoritaires dans les deux Chambres, l’impression qu’ils ont contribué à bonifier le plan initial.

Ce qui a rassuré les marchés financiers, surtout, c’est la mise en perspective des 700 G$ en cause, effectuée par le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, qui rencontrait les élus pour une deuxième journée consécutive, en compagnie du secrétaire d’État au Trésor, Henry Paulson. Ces 700 G$, a expliqué M. Bernanke, ne représentent en fin de compte que 5 % de l’encours des prêts hypothécaires américains.

Vous avez bien lu : 5 % seulement du total des prêts hypothécaires actuellement en vigueur aux États-Unis. Autrement dit, 95 % des dettes hypothécaires américaines restent solides, malgré la crise qui secoue les marchés financiers américains et mondiaux depuis treize mois. Mais ce sont ces 5 % qui font tant de bruit, dans un marché habituellement très solide, puisqu’il offre des garanties en béton, si l’on peut dire.

Warren Buffett a redit sa confiance hier, de voir le Congrès adopter l’essentiel du plan Paulson. Habile communicateur comme toujours, il a comparé la crise actuelle à un Pearl Harbour économique. Il aurait mieux fait de dire financier plutôt qu’économique, puisque l’économie américaine continue de progresser, malgré le gel du crédit temporaire.

L’économie roule très lentement, a rappelé M. Bernanke, très en deçà de son potentiel de croissance, mais elle progresse quand même, et le rejet du plan Paulson pourrait la ralentir encore davantage. Il faut donc adopter ce plan le plus tôt possible.

Les sénateurs et les représentants n’aiment pas se faire pousser dans le dos, surtout pas en campagne électorale, et ils insistent pour imposer quelques modifications. M. Paulson a déjà accepté de limiter les salaires et rémunérations des dirigeants des entreprises fautives, et il acceptera probablement d’autres modifications mineures, pour gagner l’appui majoritaire à son plan. Quelques sénateurs et représentants influents vont se rencontrer aujourd’hui à la Maison Blanche, incluant les deux candidats à la présidence, et le plan devrait être adopté au cours des prochains jours.

André Hains

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