Les sondages manipulés
Une campagne électorale amène toujours une pluie de sondages, dans lesquels les médias tentent de viser plus juste que leurs concurrents. Dans les grands débats sociaux, les groupes de pression commandent des sondages, pour tenter d’influencer les décideurs ou l’opinion publique. Pour ou contre le nucléaire, pour ou contre l’exploitation de La Romaine, pour ou contre l’école privée, sondages BBM dans lesquels tous les médias y trouvent leur compte, etc.
Pour connaître d’avance les conclusions d’un sondage, il suffit souvent de regarder d’abord qui l’a commandé. Dans une vie antérieure, j’ai travaillé à l’élaboration de quelques sondages, dans lesquels la firme nous demandait carrément ce qu’on voulait savoir ou démontrer; les questions visaient donc dans cette direction.
Le sondage sur les finances de la classe moyenne se poursuit. On nous dit que des familles gagnant 40 à 90 000 $ doivent faire des choix douloureux à l’épicerie. Exemples : le pain et les céréales ont bondi de 14,5 % depuis un an, et de 35,2 % depuis 2002; la viande de 0,9 % depuis un an, et de 13,3 % depuis 2002; les légumes frais de 10,6 % depuis un an, et de 3,9 % depuis 2002, etc.
Il s’agit là de produits périssables, comme vous l’avez déjà constaté. Il faudrait voir les explications pour chacun de ces produits et bien d’autres, et pourquoi des prix montent et d’autres baissent, parfois sur un an (peu probants), ou six ans (plus probants). Quand on cultive des céréales pour faire du carburant, c’est évident qu’on fait bondir les prix du pain et autres céréales. Cette explosion des prix a failli tourner à l’émeute en Italie, en Asie et au Mexique, notamment.
Sur le coup, des variations brusques peuvent causer des problèmes, et surtout faire de belles manchettes dans les médias. Mais le panier d’épicerie contient aussi beaucoup de produits secs et de longue durée, comme les produits d’entretien et les conserves, dont on ne parle jamais.
Je retiens pour l’instant de ce sondage, que toutes les familles de tous les pays ont toujours dû faire des choix entre ce qu’il y a de mieux, et ce qui répond très bien à un besoin. Tout le monde peut souhaiter se promener en Cadillac, mais GM vend aussi beaucoup de Chevrolet.
Mais je retiens aussi que des familles qui gagnent entre 40 et 90 000 $, ne savent pas apparemment comment faire des choix, et en premier lieu celui de l’épargne. J’y reviendrai dans le prochain bulletin.
André Hains
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