Le pétrole à 80$ ?

Trois chroniques de suite sur le pétrole, ça peut paraître un peu beaucoup, non? Oui, effectivement, car on trouve d’autres sujets dans l’actualité économique et financière. Mais aucun autre ne prend autant de place dans nos vie, comme on l’a vu dans la dernière flambée spectaculaire des prix.

Le pétrole et ses dérivés (essence, chauffage…) reste indispensable pour les familles et les entreprises (production, transport…). Son prix a doublé en un an, au grand dam les consommateurs, et semble maintenant vouloir revenir très près de son lieu de départ, autour de 70 ou 80 $.

Des spécialistes éminemment réputés comme Antoine Ayoub, de l’Université Laval, soutiennent qu’en vertu de la règle de base de l’offre et la demande, l’or noir devrait se vendre présentement autour de 80 $. Inutile, donc, de rappeler que les brusques variations de la dernière année, ont sans doute contribué à disloquer l’économie mondiale, autant que la crise immobilière américaine.

La chute récente des prix pourrait bien se prolonger et s’accentuer encore un bon bout de temps. Si vous détenez des placements dans le pétrole, vous devriez y songer rapidement, et consulter votre conseiller financier.

Car les prix pourraient bien reculer encore plus qu’on le pense, surtout quand les gros spéculateurs des fonds de couverture (hedge funds) vont se mettre à le vendre à découvert. Ces gens tentent de faire de l’argent aussi bien à la baisse qu’à la hausse des prix, comme ils le promettent à leurs commanditaires.

Ils vont donc emprunter, par exemple, des barils de pétrole à 110 $ et les vendre immédiatement, et laisser l’argent dans leur compte. Ils rachèteront plus tard ces barils à 105 $, par exemple, pour les rembourser à leurs prêteurs, et garder pour eux un beau profit de 5 $ le baril. On a même vu dernièrement, des prêteurs prêter les mêmes barils à plusieurs emprunteurs, pour faire encore plus d’argent. Mais les autorités réglementaires prennent des mesures pour freiner ces abus flagrants.

Plus on achetait, plus les prix montait. Plus on va vendre, plus les prix vont chuter. Jusqu’où? On le verra au cours des prochains mois.

André Hains

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