Le mépris des pétrolières

Même si les grandes pétrolières continuent de prendre les automobilistes pour des imbéciles finis, elles ne pourront pas leur imposer leur loi encore bien longtemps. On en a eu une autre preuve hier.

Hier matin, j’ai fait le plein à Ste-Julie à 1,274 $ le litre. Dix kilomètres plus loin, le même litre valait déjà 1,399 $. Des gens m’ont dit qu’il avait fait le plein à 1,239 $ mercredi, ailleurs à Montréal. Une différence de 3 ou 4 ¢ entre Montréal et la rive sud, peut s’expliquer par une petite concurrence locale. Mais une différence de 12 ¢ et plus à quelques minutes d’intervalle, relève tout simplement du mépris que portent les pétrolières aux automobilistes captifs de leur produit.

Des porte-parole ont évidemment évoqué le spectre de l’ouragan Gustav, qui menace la côté atlantique et le golfe du Mexique. Ils nous prennent vraiment pour des idiots, puisque tous les observateurs le moindrement informés savent bien que le prix du baril de pétrole a reculé de 2,56 $ hier, en ignorant totalement les craintes que pourraient susciter Gustav et ses semblables. La demande mondiale d’or noir baisse, donc les prix du baril de pétrole baissent aussi.

En réalité, tout le monde comprend bien que les rapaces pétrolières voulaient profiter du début de la grande fin de semaine de la Fête du travail, au Canada et aux États-Unis, pour scalper encore une fois les automobilistes. Les prix élevés devraient demeurer haut jusqu’à mardi, pour attraper ceux qui devront refaire le plein au retour du grand congé. Ensuite, les prix recommenceront à baisser, plus lentement qu’ils ont augmenté, bien entendu, histoire de ne pas ajouter l’insulte à l’injure.

Je roule une heure le matin, et autant le soir, en plus de quelques déplacements en journée. Je suis donc très conscient des prix de l’essence. J’ai appris depuis longtemps à garder toujours mon réservoir à moitié plein, et même un peu plus. Je peux donc observer les prix affichés, durant mes déplacements, et profiter des plus bas prix pour faire le plein. Évidemment je dois m’arrêter plus souvent de cette manière, mais pour épargner quelques dollars chaque fois, j’estime que ces arrêtes plus fréquents en valent la peine. À la fin du mois, les économies peuvent atteindre une centaine de dollars.

Mais je réalise des économies encore plus importantes, en travaillant de la maison une journée ou deux de plus par semaine. Mon répondeur téléphonique me procure ainsi d’importantes économies. Et que les pétrolières aillent au diable.

André Hains

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