Des profits par milliards $

Comme d’habitude, les analystes financiers, les spéculateurs et leurs porte-voix des médias, ont mis l’accent hier sur le recul des bénéfices de la Banque de Montréal (BMO) et de la Scotia, pour leur troisième trimestre terminé à la fin de juillet. Ils vont sans doute faire de même pour les autres banques, qui vont livrer cette semaine leurs résultats.

De mon côté, je préfère regarder les bénéfices qu’ont enregistrés ces institutions financières très solides, et très généreuses envers leurs actionnaires, par le biais de bons dividendes. Des bénéfices qui vont encore se chiffrer par milliards $ (G$) cette année. Moins de G$ que l’an dernier, d’accord, mais des G$ tout de même.

Quand je vois tous ces gens s’agiter parce que des entreprises font moins de bénéfices que la fois précédente, je me demande toujours qui a décrété, quelque part, que les bénéfices des entreprises devaient toujours augmenter. Tous ces gens savent pourtant que les bénéfices, comme les ventes, vont et viennent, augmentent mais aussi reculent parfois, au fil des ans.

Une crise financière importante secoue la monde entier, depuis un an. Il paraît donc normal que les bénéfices des institutions financières reculent, cette année. Quand les prix des matières premières reculent, il est normal que les ventes et les bénéfices des producteurs reculent, eux aussi. La tempête qui secoue présentement Maple Leaf, va très certainement faire reculer les ventes et les bénéfices, c’est normal.

Alors pourquoi mettre l’accent sur le recul des bénéfices des banques, plutôt que sur les G$ qu’elles vont encore faire cette année? Probablement parce qu’on prend pour acquis que ces grandes institutions ne peuvent qu’augmenter leurs ventes et leurs bénéfices, comme elles l’ont fait fortement depuis plusieurs années. Quand une entreprise augmente régulièrement ses ventes et des bénéfices, un recul devient un événement exceptionnel. C’est pour cela qu’un recul attire l’attention, et fait les manchettes dans les médias.

C’est pour cela aussi que les véritables investisseurs, qui regardent au-delà des résultats trimestriels ou annuels, portent peu d’attention à ces résultats de court terme. Amusez-vous à sortir sur l’Internet, les graphiques montrant l’évolution des actions des banques, au cours des dix dernières années. Vous remarquerez immédiatement qu’elles bondissent encore plus haut, au lendemain des crises qu’elles finissent toujours par traverser. J’y reviendrai dans le prochain bulletin, à l’intention des abonnés.

André Hains

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