Baisse de l’inflation en vue
Malgré les chiffres alarmistes publiés hier au sujet de l’inflation par le département du Travail aux États-Unis, et les grosses manchettes amplifiées des médias d’information, c’est plutôt à une baisse de l’inflation qu’il faut s’attendre, au cours des prochains mois. Alors oubliez le bond annuel de 5,6 % publié hier à Washington; c’est un sommet dont l’économie a déjà entrepris de redescendre, comme on le verra à la mi-septembre, quand sortiront les chiffres du mois d’août.
Je ne suis pas très adepte des prévisions, qui me font rire ou sourire la plupart du temps, comme vous l’avez probablement remarqué, si vous lisez régulièrement cette chronique, et le bulletin hebdomadaire destiné aux abonnés. Quand j’ose faire une prévision, c’est parce que je constate simplement une évidence, quelque temps avant les autres.
Les chiffres publiés hier, par exemple, portent sur le mois de juillet. Or, comme je l’ai rappelé hier, c’est le 11 juillet que le baril de pétrole a touché son dernier sommet, à 147,27 $US sur le marché boursier Nymex (New York Mercantile Exchange). Les prix du pétrole entraînent ceux de l’essence, un bien de première nécessité et une dépense importante, et forcent les familles à réajuster leur budget.
Ce qu’elles paient en plus sur l’essence, les familles doivent l’enlever ailleurs, sur l’alimentation hors foyer (restaurant) par exemple, sur les vacances, ou sur l’habillement. Elles ne peuvent pas réduire beaucoup la facture d’épicerie ou des médicaments, alors elles coupent dans des biens et services moins essentiels, en attendant des jours meilleurs.
Depuis plus d’un mois, les prix du pétrole et de l’essence ont fortement reculé, et il semble bien qu’ils vont continuer de le faire encore pour un bon bout de temps. L’indice des prix la consommation pour le mois d’août (principale mesure de l’inflation), va donc
refléter cette baisse sur tout un mois, et non pas sur deux semaines seulement, comme un juillet. On devrait donc assister à une baisse de l’inflation en août, aussi bien au Canada qu’aux États. Cela m’apparaît une évidence.
Mais en attendant, il faut encore subir des gros titres alarmistes des médias. « L’inflation américaine atteint des sommets », « Le taux d’inflation le plus élevé depuis 17 ans », etc. Que voulez-vous, comme dirait le petit gars de Shawinigan : les médias sont faits comme ça. Les gros titres alarmistes font vendre, beaucoup plus que les explications simples et banales. La crainte restera toujours un moteur beaucoup plus puissant que la confiance; on n’y peut rien. Je reviendrai sur les faux risques de véritable inflation, dans le bulletin de la semaine prochaine.
André Hains
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