Nouvelles financières… périmées

Il faut porter une grande attention aux informations économiques et financières que l’on recueille et tous bords et tous côtés, et surtout aux dates auxquelles ces informations sont apparues dans l’actualité. Autrement, on risque de mal évaluer ces informations, et les sources qui les ont émises.

J’ai lu aujourd’hui, avec deux semaines de retard pour cause de vacances chez le distributeur, un magasine mensuel qui traite de l’actualité économique et financière, daté du mois d’août, qui se trouve donc encore en kiosque. Un économiste réputé y traite de la conjoncture économique, et explique que les banques centrales se trouvent coincées entre leur envie de remonter leurs taux directeurs d’intérêt, pour freiner l’inflation menaçante alimentée par les prix très élevés du pétrole, et la nécessité de garder bas leurs taux, pour supporter encore un peu la faible croissance économique, et l’empêcher de sombrer en récession. Si les prix du pétrole ne baissent pas très bientôt, ajoutait-il, la position des banques centrales va devenir intenable, et elles vont se retrouver complètement paralysées.

Il s’agit d’un magazine mensuel, comme je vous l’ai dit plus haut. Un magazine daté du mois d’août, sort habituellement en kiosque et arrive chez les abonnés, dans la dernière semaine de juillet, pour donner l’impression qu’il devance un peu l’actualité.

L’économiste collaborateur que j’ai mentionné plus haut, a donc dû livrer son texte à la rédaction quelque part au début de juillet, pour donner aux artisans du magazines le temps de réviser son texte, l’illustrer, le mettre en page, et envoyer le magazine à l’imprimerie quelque part à la mi-juillet. Or c’est le 11 juillet que le prix du baril de pétrole a touché un sommet de 147,27 $ au Nymex.

Quand il a écrit son texte, l’économiste voyait le prix du pétrole grimper à grande vitesse, sans savoir où cette course folle allait s’arrêter. Il a donc écrit un texte un peu alarmiste, en tenant compte des dernières informations qui lui étaient disponibles. Aujourd’hui, le pétrole terminé la journée à 115 $. L’économiste n’écrirait pas le même texte aujourd’hui, mais s’il a déjà envoyé son texte de septembre, et si la baisse des prix se poursuit, son prochain texte va encore accuser un retard important, sur la réalité que ses lecteurs vont lire dans deux semaines.

Voilà une des raisons pourquoi des dizaines d’abonnés de mon ancien magasine et bulletin mensuel en papier, m’ont demandé de passer à l’Internet le plus vite possible. Ce merveilleux véhicule d’information, permet de coller de beaucoup plus près à l’actualité.

André Hains

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