RONA : baisse des bénéfices, hausse en Bourse

La chaîne de quincaillerie et matériaux de construction RONA a annoncé hier une baisse importante de ses bénéfices à son dernier trimestre, et pourtant son action a gagné 0,37 $ à la Bourse de Toronto, sur un marché en baisse. Anomalie? Non.

Ce sont les bénéfices qui supportent et font monter le prix des actions sur les marchés boursiers, comme je l’ai répété plusieurs fois dans cette chronique. Cette règle de base continue de s’appliquer, évidemment… à long terme.

Plusieurs facteurs expliquent donc la contradiction apparente d’hier, dans le cas de RONA. Les gros gestionnaires de portefeuilles ont semblé apprécier les efforts de la direction, pour augmenter la productivité de l’entreprise. Plusieurs analystes attendaient des résultats moins bons, et ont donc été agréablement surpris. L’action de RONA avait fortement reculé, depuis son sommet de quelque 25 $ atteint au printemps 2007, jusqu’à 10-12 $ dernièrement.

On pourrait ajouter quelques autres explications supplémentaires, mais il ne faudrait surtout pas oublier que l’activité boursière quotidienne reste encore, et restera toujours, de la pure spéculation. Les gros spéculateurs traquent les informations et les rumeurs les plus récentes, et tentent de deviner comment les gros gestionnaires vont réagir. Hier, ils ont apprécié les résultats et les explications fournis par le président Robert Dutton, et ils ont poussé le prix de l’action à la hausse de 0,37 $.

Ce matin, après avoir regardé les résultats d’un peu plus près, et surtout après avoir revu la situation difficile de la construction et de la rénovation résidentielles, les spéculateurs semblent avoir décidé que les gros gestionnaires avaient peut-être un peu trop débordé d’optimisme hier. Toujours est-il qu’au moment d’écrire ce texte, en milieu de séance ce midi, l’action de RONA reculait de 0,24 $… À quel prix va-t-elle terminer la journée? On le saura un peu après 16 heures.

C’est là que se situe la différence entre un investisseur et un spéculateur. Le premier se base sur les faits, et regarde essentiellement le long terme. Le second agit selon les perceptions (comment le marché va-t-il réagir?), et ne fonctionne qu’à très court terme, en changeant souvent de position plusieurs fois par jour.

Un ancien président de la Bourse de Montréal m’a déjà dit que le long terme, dans ce milieu, durait trois heures. Il avait tout à fait raison.

André Hains

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