Guerre ouverte dans la pharmacie au Québec

Le marché québécois de la pharmacie, le deuxième plus important au Canada, fait l’objet d’une guerre féroce actuellement, entre les grandes chaînes d’exploitants et quelques grossistes distributeurs. L’enjeu? Des milliards de dollars de ventes annuelles.

La première chaîne de distribution québécoise avec ses quelque 365 établissements, Uniprix, serait sur le point de passer aux mains de son principal grossiste, McKesson Canada, filiale du géant américain du même nom, rapporte différents médias. Jean Coutu et ses 305 points de vente, occupe cependant la première place, selon les ventes, devant Familiprix et Proxim (anciennement Essaim) avec 270 à 280 magasins chacune, Brunet (filiale de Metro, 187), Pharmaprix (Shoppers Drug Mart ailleurs au Canada, 141 magasins au Québec, essentiellement dans la grande région de Montréal), loin devant Wal-Mart (53) et Loblaw/Provigo (44).

Le géant de la distribution McKesson a déjà mis la main sur Proxim, le 1er juillet dernier, et s’apprêterait à faire de même avec Uniprix. Dans ces deux cas, McKesson est devenu au fil des ans le principal grossiste distributeur de ces deux réseaux, et un important bailleur de fonds, qui leur a permis de se développer rapidement. Son acquisition de Proxim et celle envisagée de Uniprix, vise à protéger ses parts de marché dans la province, pour éviter que d’autres réseaux ne mettent la main sur ces chaînes.

Après s’être taillé une bonne part de marché dans la grande région de Montréal, Shoppers/Pharmaprix veut maintenant faire de même dans le reste de la province. L’acquisition d’une chaîne existante lui permettrait d’atteindre son objectif beaucoup plus vite, qu’en ouvrant des magasins un par un. Les moyens financiers ne manquent certainement pas, à la première chaîne canadienne, qui accumule les bénéfices à la vitesse grand V.

Metro ne manque pas de moyens ni d’ambition non plus, pour sa filiale Brunet. Le rapprochement des magasins Metro et Brunet donne déjà de bons résultats, dans plusieurs régions et marchés locaux.

Le secteur de la pharmacie, comme l’alimentation, fait partie des secteurs défensifs de l’économie. Regardez sur les graphiques ce que Metro et Jean Coutu ont fait, par exemple, entre 2000 et 2002, quand tous les autres secteurs s’effondraient à la Bourse. Avec le vieillissement de la population, la distribution pharmaceutique devient un marché porteur (qui se développe plus vite que d’autres secteurs), et offre de meilleures marges bénéficiaire que l’alimentation.

Une belle bagarre Ă  suivre, donc, dont nous reparlerons certainement bientĂ´t.

André Hains

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