BCE dans le revenu fixe?
L’action de BCE, qui sera rachetée le 11 décembre ou plus tôt par la caisse de retraite des enseignants ontariens Teacher’s et ses partenaires, au prix convenu de 42,75 $,, a terminé la séance boursière d’hier à 38,59 $. Elle offrait donc en fin de journée un escompte de 4,16 $ ou 9,73 %, qui représentait un gain de capital de 10,78 % en cinq mois environ, donc un rendement de près de 26 % sur une base annuelle.
Depuis que l’entreprise a confirmé que son prix de rachat resterait bien à 42,75 $, tel qu’accepté par les actionnaires l’automne dernier, plusieurs investisseurs m’ont demandé s’ils pouvaient inclure cette action dans le revenu fixe de leur portefeuille. Question fort pertinente, qui nous ramène à quelques notions de base de l’investissement.
Un portefeuille contient habituellement trois sections : l’encaisse, le revenu fixe, et le revenu variable. Dans l’encaisse, on retrouve des éléments à court terme, comme les bons du Trésor, les fonds communs de marché monétaire, le papier commercial adossé à des actifs ou PCAA, qui a tellement fait parler de lui depuis un an, entre autres.
Dans le revenu fixe, on retrouve des éléments dont on connaît d’avance le rendement, quand on les achète. C’est le cas des dépôts à terme, certificats de placement garanti, obligations, papier commercial, acceptations bancaires, actions privilégiées, etc. Dans les placements variables, on retrouve notamment des actions ordinaires et des fonds communs de placement, dont le rendement varie en fonction de la conjoncture économique, et de l’habileté des gestionnaires.
Le titre de BCE est une action, mais on connaît déjà son prix de rachat à l’automne, comme celui d’une obligation à échéance. On peut donc considérer cette action comme un revenu fixe ou assuré, et la traiter comme telle, même si les institutions financières vont continuer de l’inscrire comme placement variable, dans les comptes des actionnaires.
Mais cela ne veut pas dire que vous devriez échanger tous vos placements actuels à revenu fixe, contre des actions de BCE. Il faudrait voir d’abord, avec votre conseiller financier, quelle portion de votre portefeuille se trouve présentement en revenu fixe. Je vous rappelle que la portion revenu fixe rapporte généralement du revenu d’intérêt, donc un rendement faible et lourdement imposé, sauf pour les actions privilégiées, qui rapportent un dividende, moins imposable qu’un revenu d’intérêt, et un peu plus qu’un gain de capital. Ces différences fiscales perdent tout avantage, dans un compte REER.
André Hains
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