Banques canadiennes, banques américaines
Un texte de l’Agence France-Presse publié hier et repris dans nos quotidiens aujourd’hui, commentait la faillite de la banque américaine Indymac de Californie, et rapportait les propos de « spécialistes » qui prévoyaient le même sort pour 100 à 150 autres banques américaines, au cours des 12 à 18 prochains mois. Je sais bien que les États-Unis comptent neuf fois plus de monde que le Canada, et que la Californie dépasse à elle seule toute la population canadienne, mais la faillite de 100 à 150 banques aurait de quoi ébranler les colonnes du temple capitaliste à travers toute la planète.
À moins que ce que les Américains appellent une banque, ne ressemble pas beaucoup à nos banques canadiennes…? Prenons le cas précis de cette banque Indymac. Elle gère quelque 32 milliards $ (G$), à travers une poignée de succursales seulement. C’est une petite banque locale, régionale tout au plus, qui n’a donc rien à voir avec nos six grandes banques nationales, dont les actifs sous gestion se calculent en centaines de G$.
Au Canada, le système bancaire est fortement concentré, alors qu’aux États-Unis, il reste complètement éclaté, en milliers de petites banques locales et régionales. Nos voisins comptent aussi quelques très grandes banques, comme le groupe CITI par exemple, mais là aussi il faut bien s’entendre sur la nature d’une banque et de ses activités.
Ici, tout le monde connaît bien nos grandes banques Royale, Nationale, Impériale de Commerce, Scotia, Toronto-Dominion et BMO ou Banque de Montréal. J’oublie volontairement la Banque Laurentienne, beaucoup plus petite que les autres, et essentiellement concentrée au Québec, et le Mouvement Desjardins, de nature coopérative et non pas corporative.
On parle ici de banques commerciales, avec des centaines de succursales, qui recueillent l’épargne des gens, et qui offrent une vaste gamme de services individuels. Quand on parle des grandes banques américaines, ce sont souvent des banques d’affaires, qui n’offrent pas ou très peu de services individuels, sauf aux investisseurs. Les grandes banques américaines financent surtout des commerces, des industries, des institutions comme les administrations publiques, par exemple.
Alors quand on nous dit que 100 à 150 banques américaines pourraient faire faillite dans les 12 à 18 prochains mois, il faut comprendre que ce ne sont que de toutes petites banques, qui ne comptent souvent que quelques dizaines de succursales, et non pas de grosses banques comme les nôtres. Alors on reste calme, et on constate, une fois de plus, qu’il faut toujours garder un petit doute, devant des manchettes alarmistes.
André Hains
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