BCE : le coût d’opportunité

Achèteriez-vous aujourd’hui une action de BCE à 42,75 $, en sachant que Teachers et ses partenaires vont vous la racheter à 42,75 $, vers la fin de l’année? Non, j’espère, car ce serait un mauvais placement, qui ne vous rapporterait absolument rien, pour les cinq ou six prochains mois.

Voilà une des raisons qui expliquent pourquoi le prix de l’action de BCE ne montera jamais à 42,75 $, même quelques jours avant le rachat final. D’autres raisons expliquent aussi cet écart entre le prix d’achat d’aujourd’hui, et le prix de rachat final.

Si vous détenez présentement des actions de BCE, accepteriez-vous de les vendre à 40 $, ou aimeriez-vous mieux attendre à la fin de l’année, pour toucher 42,75 $? L’investisseur qui achèterait maintenant vos actions à 40 $, et qui les revendrait 42,75 $ vers la fin de l’année, obtiendrait un rendement de 6,87 % en six mois, soit un peu plus de13,75 % sur une base annuelle.

Si vous vendiez vos actions aujourd’hui à 40 $, vous devriez donc obtenir un rendement supérieur à 13,75 %, pour faire une meilleure affaire. C’est ce que les économistes appellent le coût d’opportunité.

On peut définir ce coût d’opportunité comme le calcul qui amène à déterminer quel serait le meilleur rendement (ou le meilleur usage à faire) d’une somme d’argent. Une dame décède, en laissant à son héritier 1000 actions de BCE, qui valent aujourd’hui 40 $. L’héritier se retrouve devant un choix multiple : attendre patiemment le prix de rachat de 42,75 $, vendre les actions et réduire son hypothèque de 40 000 $, racheter des actions de quelques autres entreprises, qui offrent actuellement de gros escomptes, etc.

Des actionnaires vont toucher beaucoup d’argent vers la fin de l’année, lors du rachat de leurs actions de BCE. Mais si les marchés boursiers rebondissent à l’automne, les bonnes entreprises vont offrir des escomptes moins importants. Il faut donc commencer dès maintenant, à penser ce que vous ferez de cet argent, maintenant ou plus tard.

Alors vaut-il mieux attendre les 42,75 $ de la fin de l’année, ou vendre les actions maintenant, pour profiter des gros escomptes actuels, ou pour utiliser l’argent dès maintenant pour d’autres usages? Vous devenez bien que c’est une décision qui se prend au cas par cas, et que chaque actionnaire fera bien ce qu’il voudra de cet argent.

Pas facile à calculer, le coût d’opportunité. J’y reviendrai dans le bulletin de la semaine prochaine, pour les abonnés.

André Hains

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