La vrai valeurs de CROCS
Grand émoi dans la Vieille Capitale, depuis que le fabricant de chaussures CROCS a annoncé la fermeture de son usine, au cours des prochains mois. Quand une entreprise paie ses employés 15 $ de l’heure en moyenne, sans compter les avantages sociaux, et que ces dollars ont pris près de 60 % par rapport au dollar américain au cours des dernières années, on doit s’attendre à voir ces emplois partir pour des pays où les travailleurs gagnent 15 $ par jour, et parfois moins.
« Capitalisme sauvage », a grommelé le ministre Raymond Bachand. Je ne me rappelle plus ce qu’il aurait dit, quand Bombardier a fermé en Europe huit usines de fabrication de matériel ferroviaire non rentables, ni quand Quebecor a annoncé dernièrement la fermeture de son imprimerie de Magog, ni quand AbitibiBowater ferme ses usines québécoises vétustes, ni encore et encore quand…
M. Bachand appuie a fond la mondialisation de l’économie et l’ouverture des marchés aux produits québécois; il doit en accepter les conséquences. On tire beaucoup d’avantages des échanges commerciaux, qui contrebalancent grandement les inconvénients.
Une fois passée cette première saute d’humeur, les gens de la grande région de Québec vont se rappeler qu’une récente Foire de l’emploi, a démonté que leur région compte quelque 130 entreprises dans le secteur du plastique et autres matériaux composites, et que toutes ou presque recherchent désespérément de la main-d’œuvre qualifiée, pour assurer leur croissance et envahir les marchés extérieurs. La rencontre a aussi permis de savoir que la région offre au moins 7000 postes à combler présentement, soit dix fois plus que les pertes chez CROCS.
La production des célèbres sandales va maintenant se faire ailleurs. Mais Andrew Reddyhoff et Marie-Claude de Billy, qui ont fondé cette entreprise en 1995, ont aussi fait des émules, des centaines de concepteurs, designers et autres entrepreneurs, qui ne demandent pas mieux que de lancer eux aussi leur entreprise.
M. Bachand et ses fonctionnaires vont aider à l’adaptation de cette main-d’œuvre, et au démarrage de nouvelles entreprises, qui emploieront elles aussi des centaines de personnes, dans quelques années. CROCS va quitter, mais des dizaines d’autres vont émerger, au cours des prochaines années.
Une entreprise s’en va, mais elle laisse dernière elle son principal actif : des gens débrouillards et innovateurs, une abondante main-d’œuvre qualifiée, et des programmes gouvernementaux d’aide à la recherche et au développement. M. Bachand ne craint pas le changement, il l’a dit plusieurs fois. Il faut juste s’avoir s’adapter, c’est tout.
André Hains
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