Fusion dans les airs

Les compagnies aériennes Delta Airlines et Northwest Airlines devraient confirmer aujourd’hui leur fusion, et donner tous les détails de l’opération. Cette annonce s’inscrit dans le vaste mouvement de consolidation qui s’opère depuis plusieurs années, dans le secteur très turbulent du transport aérien.

Rappelons que le groupe Air France/KLM, récemment formé par l’union des compagnies française et néerlandaise, tente présentement d’acquérir l’italienne Alitalia. Les pourparlers ont été suspendus à cause des élections italiennes, mais le nouveau gouvernement Berlusconi devra se pencher très tôt sur ce dossier.

Rappelons aussi qu’il y a un an, les deux grands transporteurs américains se trouvaient encore sous la loi des arrangements avec les créanciers, afin d’éviter la faillite. Cela dit bien dans quel état financier fragile, se trouvent encore les deux transporteurs américains, qui formeront maintenant la plus grande entreprise au monde dans le secteur. Autrement dit, un colosse aux pieds d’argile.

Rappelons de plus que les deux entreprises perdent encore de l’argent, et que les nouveaux dirigeants, sous la houlette du président de Delta Richard Anderson, feront face à l’énorme défi d’intégrer des milliers d’employés, très fortement syndiqués chez Northwest et très peu chez Delta. Rappelez-vous les problèmes énormes d’intégration des employés d’Air Canada et de Canadian Airlines.

Le transport aérien traverse de fortes zones de turbulence depuis plusieurs années, et la guerre des tarifs ne laisse pas de répit aux dirigeants. Le problème vient du nombre de sièges offerts, trop grand pour le nombre de passagers. Les touristes aériens se tournent vers les charters comme Transat, qui offrent de bien meilleurs tarifs, et les gens d’affaires qui en ont les moyens, achètent des avions privés.

Ajoutons encore les règlements tatillons des gouvernements et des autorités qui réglementent le transport international, la flambée des prix du pétrole, et les coûts énormes de la sécurité aérienne. On comprend pourquoi les transporteurs aériens peinent à dégager des bénéfices, qui proviennent souvent de leurs filiales, plutôt que de la maison mère, comme Air Canada.

Quatre transporteurs américains ont fait faillite, au cours des dernières semaines, ou ont mis fin à leurs opérations. Et le nettoyage du secteur n’est pas encore terminé, loin de là. Même Warren Buffett a réussi à perdre de l’argent dans ce domaine. Alors avant de vous y aventurer…

André Hains

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